En 1952, la Guzzi "Falcone" est la première moto à utiliser une fourche hydraulique inversée, c'est-à-dire que le tube plongeur est situé du côté de la roue et non fixé aux tés de fourche. Cette innovation, bien que pionnière, n'a pas immédiatement été adoptée de manière généralisée. Les fourches inversées ont équipé des Motobécanes et beaucoup de "Mobylettes", marquant ainsi l'époque des trentenaires et des quadragénaires d'aujourd'hui.
Comme cette disposition ne présentait pas d'avantage décisif à l'époque, elle fut plus ou moins ignorée comme solution innovante par les constructeurs du monde entier. La fourche inversée disparut et refit surface ponctuellement sur des préparations de course, notamment sur des 125 Yamaha dans les années 1970.
Son réel avantage est apparu avec le moto-cross, vers la fin des années 80. L'augmentation du débattement des tubes de fourche était telle que les motos touchaient le sol dans les virages. La fourche inversée trouva alors sa pertinence puisque la partie la plus longue se trouvait en haut, permettant une meilleure gestion des contraintes et améliorant la performance des motos dans des conditions extrêmes.
Les motos de sport et de compétition ont ensuite adopté cette technologie de manière plus généralisée. En effet, les fourches inversées permettent d'augmenter le diamètre des tubes sans augmenter le poids, offrant ainsi une meilleure rigidité et des performances accrues. Cette adoption par les motos de sport a solidifié la place de la fourche inversée comme une avancée technique majeure dans l'histoire de la moto.